samedi 8 mars 2014

M'sieurs dames,

Un blog, ça fait peur.
Imaginez: il suffit que quelqu'un (qui s'ennuie beaucoup) tape "choses normales" dans la barre de recherche, et paf: il tombe sur moi. Moi !

Être offerte au premier quidam venu, c'est à la fois trop et trop peu.

Mes fanzines, jusqu'à présent, sont composés de fibres végétales et d'encre de mauvaise qualité. Les 6/8 feuilles sont cousues main, ou agrafées les jours fastes. Le tout constitue un objet tangible, format (12x29,7), reproduit dans des quantités industrielles tous les 36 du mois. L'impression fonctionne selon les modalités de l'offre et la demande.

J'existe sur le papier, on me connaît, le papier concret ça rassure ! Je suis dans la relation humaine ! Je peut voir le visage de mes lecteurs s'épanouir ou se contracter, leurs sourcils se froncer de perplexité ou se hausser d'incrédulité. Je peux répondre en direct leurs questions inutiles (C'est arrivé en vrai ? C'est qui ça ? Pourquoi tu dis ça là ?). Des fois, ils me donnent de la thune ! Et ils me remercient de vive voix !

Je les entends:
- éclater de rire gaiment (Mélanie)
- ricaner (Jérôme)
- glousser (Laure)
- se bidonner (Tom)
- s'esclaffer (Juliette)
- corriger mes fautes d'orthographe (Yann)
- se dilater la rate (Babette)
- sourire avec bienveillance (Maman)
Et je trouve que faire des BDs, ça sert à entendre le rire des gens.

Mais je demeure pudique des choses virtuelles. On ne me l'a que trop répété, il est temps d'y remerdier.







(Oui, mes doigts ont lapsucé)